Dégradable
Se dit des matériaux qui perdent leurs propriétés chimiques et mécaniques sur une certaine période, en raison de l’exposition aux rayons du soleil, à la chaleur, à la pression ou d’une combinaison de ces éléments.
Biodégradable
Se dit de matériaux qui se décomposent, grâce aux actions des micro-organismes, et ne laissent que des éléments naturels comme le carbone, l’hydrogène et le nitrogène.
Le procédé
Un processus de décomposition organique est appelé biodégradable tandis qu’un processus chimique est appelé dégradable. Lorsque le processus chimique est engagé, la structure moléculaire des composants qui en résultent change; ils deviennent de petites molécules bioactives, ce qui leur permet de se biodégrader sous l’action des micro-organismes et de revenir à des éléments naturels.
La bonne nouvelle
Les produits dégradables ne sont pas compostables. La plupart des produits portant la mention « dégradable » (les plastiques) se dégradent moyennant un effort physique et chimique (qui réduit le produit en petites pièces). Ces produits, souvent à base de pétrole, comportent des ingrédients spéciaux qui facilitent leur fragmentation. L’activité biologique ne joue pas un rôle clé dans la dégradation de ces produits ou son action est trop lente pour qu’ils reçoivent la mention « biodégradable » ou « compostable » (la dégradation biologique prend généralement plusieurs années).
Les « bioplastiques » sont une nouvelle génération de plastiques compostables et biodégradables, faits de matières premières renouvelables telles que l’amidon (p. ex. de pommes de terre, de maïs, de tapioca, etc.), la cellulose, la protéine de soya et l’acide lactique, des produits qui ne sont pas dangereux à produire et qui, dans l’environnement, se transforment en dioxyde de carbone, en eau, en biomasse, etc. L’amidon de maïs est la principale matière première utilisée dans la fabrication des résines « bioplastiques ». Le Mater-Bi (composé surtout d’amidon de maïs) et le PolyActide (PLA) (fait également d’amidon de maïs) sont les deux principales résines (matières premières) utilisées dans la production de plastiques compostables et biodégradables et sont certifiées compostables en vertu des normes sur la protéine de soya, la cellulose, etc.
La plupart des bioplastiques ne sont pas certifiés compostables, même si certains sont biodégradables. Le domaine des « bioplastiques » est en constante évolution. De nouvelles matières et technologies sont constamment créées et mises sur le marché.
Résistance à la chaleur
• Les produits à base d’amidon de maïs (sacs, coutellerie, verres, pailles) : 120° F
• Produits à base d’amidon de pommes de terre et de tapioca (coutellerie) : 220° F.
Biodégradation et compostage
Le temps requis au compostage des produits bioplastiques varie selon le matériau utilisé. Les produits sont conçus pour être compostés dans un endroit commercial prévu à cet effet où des températures élevées peuvent être atteintes. Dans un tel endroit, la durée de compostage se situe entre 90 et 180 jours. La plupart des normes internationales exigent en moyenne une biodégradation à 60 % en 180 jours, et fixent certains critères quant à la résine utilisée ou à la composition des produits, pour que ces derniers se qualifient comme étant « compostables ». Il importe aussi de préciser les différences entre les produits dégradables, biodégradables et compostables, car ces appellations sont souvent utilisées l’une pour l’autre.
Le plastique compostable est un plastique qui « peut se décomposer en compost, dans le cadre d’un programme offert, de sorte que le plastique ne soit pas distinguable et se transforme en dioxyde de carbone, en eau, en composants inorganiques et en biomasse, à une vitesse correspondant à la vitesse de décomposition des matériaux compostables connus (p. ex. la cellulose), en ne produisant aucun résidu toxique », comme le définit l’American Society for Testing & Materials (ASTM).
Un plastique ne sera désigné « compostable » que si les critères suivants sont respectés :
• Biodégradation : se décompose en dioxyde de carbone, en eau et en biomasse au même rythme que la cellulose (papier).
• Désintégration : la matière n'est pas distinguable dans le compost; elle n'est pas visible et doit être tamisée.
• Écotoxicité : la biodégradation ne produit aucune matière toxique et le compost peut servir à la culture de plantes.
Le plastique biodégradable est un plastique qui se dégradera au fil du temps sous l’action des micro-organismes naturels, comme les bactéries ou les champignons. Veuillez noter qu’aucune exigence relative à « l’absence de résidus toxiques » ou à la durée de la biodégradation n’existe pour ce type de plastique.
Le plastique dégradable est un plastique qui subira un changement important dans sa structure chimique dans des conditions environnementales précises, ce qui entraînera la perte de certaines de ses propriétés. Veuillez noter qu’il n’y a aucune exigence précisant que le plastique doit se dégrader par l’action de « micro-organismes naturels » et qu’aucun autre critère relatif aux plastiques compostables ne doit être respecté.
Par conséquent, un plastique peut être dégradable, sans être biodégradable, ou même être biodégradable sans être compostable (car il se décompose trop lentement pour porter l’appellation compostable ou produit des résidus toxiques).
Normes reconnues
Vous trouverez ci-dessous le nom des différentes organisations internationales reconnues par Service Alimentaire Gordon comme ayant établi des normes et des méthodes d’évaluation relatives au compostage.
• American Society for Testing and Materials ASTM-6400-99
• Comité européen de normalisation (CEN) EN 1 3432
• Organisation internationale de normalisation (ISO) ISO 14855 (uniquement pour la biodégradation)
Les normes de l’ASTM, du CEN et DIN précisent les critères relatifs à la biodégradation, à la désintégration et à l’écotoxicité qu’un plastique doit satisfaire pour porter l’appellation compostable.
La biodégradation se mesure à la quantité de CO2 produit pendant la décomposition du plastique. Selon les normes ISO, D.I.N. et de l’ASTM, la biodégradation doit être de 60 % en 180 jours, tandis que, selon la norme 13432 du CEN, la biodégradation doit être de 90 % en 90 jours.
Pour mesure la désintégration, il faut passer les matériaux au tamis et en déterminer la grosseur. Selon la plupart des normes, un tamis de 2 mm doit recueillir moins de 10 % du volume original des matériaux.
Pour ce qui est de l’écotoxicité, la concentration de métaux lourds est mesurée et doit être inférieure à la limite établie par les organisations. L’écotoxicité se mesure également en mélangeant le compost recueilli à de la terre, en différentes concentrations, en y cultivant des plantes et en comparant les résultats obtenus à ceux produits par un compost de référence.